L’apparition des céphalopodes dans la zone atlantique marocaine date du début des années soixante. Avant cette ère, les flottilles japonaises et espagnoles opérant dans la zone Ouest Africaine ciblaient principalement les poissons sparidés et accessoirement les céphalopodes.

La transition de la pêche aux sparidés vers la pêche aux céphalopodes s’est effectuée vers le milieu des années soixante. Plusieurs hypothèses ont été avancées quant à cette transition :

- Substitution biologique des sparidés par les céphalopodes vu la surexploitation des premiers ;

- Changement climatique ayant affecté l’environnement ;

- Adaptation des techniques de pêche à la pêche aux céphalopodes. 

Au niveau de la zone sud de Boujdor, la pêche chalutière congélatrice aux céphalopodes a pris naissance à partir du début des années 70 où les premiers navires marocains ont été acquis.

Jusqu’à 1989, la pêche artisanale aux petits métiers était limitée dans les provinces du sud à l’exploitation des poissons blancs et de la langouste. La flottille de pêche artisanale ne dépassait pas 80 barques localisées principalement au nord de Boujdor. Le début de l’exploitation du poulpe se faisait à l’intérieur de la baie de Dakhla à l’aide des pots (Poulpiers) jusqu’à la fin de 1989. 

L’activité du segment côtier ciblant les céphalopodes en atlantique sud s’est développée depuis le début des années 80 avec l’ouverture des ports de Tan-Tan et Laâyoune. Les céphalopodes ont toujours constitué des prises accessoires chez les chalutiers côtiers, les barques et les palangriers (le nombre de palangriers ciblant les céphalopodes reste toutefois très limité). Toutefois les unités côtières pêchent une gamme d’espèce (pêche mixte), composée de céphalopodes et  poissons associés tandis que les barques artisanales utilisent des engins plus sélectifs vis-à-vis de l’espèce cible.

Actuellement, les céphalopodes sont exploitées par des segments de flottilles différents : i) les barques artisanales ii) les chalutiers côtiers iii) les chalutiers congélateurs céphalopodiers iiii) les palangriers qui pêchent ces espèces accessoirement. D'autres opérateurs sont concernés directement par cette pêcherie, il s’agit des usines de congélation située surtout à Dakhla, Laâyoune,  Tan-Tan, Agadir et  Casablanca.  Des centaines de mareyeurs et d’intermédiaires sont impliqués aussi dans le système de commercialisation de ces espèces au Maroc.

Ces flottilles qui exploitent les céphalopodes le long du plateau continental marocain se différencient par leurs caractéristiques techniques, le niveau des investissements injectés ainsi que les stratégies d’exploitation  qui sont liées à la dynamique des ressources et à la demande des marchés extérieurs.

Les engins de pêche utilisés dans cette pêcherie sont multiples, il s’agit des engins passifs (pots, turluttes, filets et casiers) et des engins actifs (chaluts de types : atomique, espagnol et coréen). Il est à signaler que ces engins capturent les céphalopodes, plus une large gamme d’espèce.

La flotte hauturière céphalopodière opère uniquement au niveau de l’unité d’aménagement de la pêcherie poulpière entre Boujdour (26°N) - Lagouira (20°50’N). Cette flotte n’est autorisée à pêcher qu’au-delà des 12 milles nautiques de la côte durant un à deux mois après la reprise de la saison de pêche hivernale, cette distance est réduite à 10 milles nautiques après cette période. Les unités côtières, les palangriers et les barques ciblant les céphalopodes opèrent généralement à proximité de leurs ports d’attaches et/ou sites de pêche. Les chalutiers côtiers qui sont autorisés à pêcher au-delà de 3 miles hors unités d’aménagement, sont soumis au même zoning que le segment hauturier au niveau de l’unité d’aménagement mais dépassent modérément le Cap Barbas. L’activité de la pêche céphalopodière montre que la concentration des chalutiers côtiers la plus importante existe au niveau de l’unité d’aménagement, au niveau de Laâyoune, de Tan-Tan, de Casablanca, d’Agadir, de Larache, de Safi et de Nador.

Le segment artisanal, est autorisé à opérer au niveau de la bande comprise entre 3 et 8 miles au niveau de l’unité d’aménagement. Au nord de l’unité d’aménagement, le zoning n’est pas appliquée à ce segment excepté les barques pêchant les merlus qui ne doivent pas opérer en dessous de la bande d’un mile marin. L’activité céphalopodière est plus importante au niveau i) des sites spécialisés en poulpe Sous unités 1 et 2 ii) Agadir, Safi, Essaouira et de Sidi Ifni dans la Zone Atlantique nord (Nord d’Ougnit) iii) Al Hoceima, Jebha, M’diq et Nador dans la Méditerranée.

Les palangriers ne sont soumis à aucun zoning excepté les unités ciblant le merlu qui doivent opérer au- delà d’un mille nautique.

Au niveau de l’unité d’aménagement, la principale espèce cible est le poulpe (Octopus vulgaris). Elle est suivie par deux autres espèces de céphalopodes, les seiches (Sepia spp), représentées principalement par deux espèces : la seiche commune : Sepia officinalis et la seiche rosée (Sepia orbignyana) puis le calmar (Loligo vulgaris). Toutefois, si le poulpe a été considéré dans le passé comme prise accessoire en dehors de l’unité d’aménagement, actuellement, un intérêt croissant pour cette espèce a été ressenti le long du littoral marocain. Les prises de céphalopodes sont associées également à d’autres espèces telles que les sparidés et les poissons plats.

Références

- FAO, 1981 (population dynamics, West Africa)

- Rapports des campagnes de prospection par chalutage de fond réalisées le long du littoral marocain pour l’année 2014 et 2015.

- INRH/DRH 2015 - Rapport annuel de l’Etat des stocks et des pêcheries marocaines 2015. 295 p.