Mise au point de la technique nucléaire (RBA) pour la détection des toxines paralysantes dans l’eau de mer et dans les mollusques bivalves (Projet RAF 7014) 23 au 27 avril 2018 - Rabat

Dans le cadre du projet RAF7014-Maroc, l’Institut National de Recherche Halieutique, représenté par le Chef du département de surveillance du milieu marin,  les chercheurs de l’unité de biotoxines et du phytoplancton et le Centre régional de l’INRH d’Agadir, aux côtés de ses partenaires, le Centre National de l’Energie, des Sciences et des Techniques Nucléaires (CNESTEN), représenté par l’unité RRS, et du Laboratoire de l’Environnement de l’AIEA, Monaco (Y. Dechraoui), se sont rencontrés  du 23 au 27 avril 2018 à Rabat pour discuter de la nouvelle technique  nucléaire appelée Radioligand Binding Assay  (RBA), en cours de mise au point au Maroc pour la détection des microalgues toxiques et son développement pour la maitrise des risques liés à la consommation des coquillage contaminés par les biotoxines.

Ce projet est axé sur la détection des toxines paralysantes dans l’eau de mer et dans les mollusques bivalves, en utilisant les techniques nucléaires (RBA). Il est réalisé dans un cadre de coopération fructueuse entre l’INRH, le CNESTEN et l’AIEA. Au niveau régional, le projet RAF a permis de renforcer les capacités techniques des partenaires africains (Afrique du nord et de l’ouest) en matière de d’échantillonnage, d’identification et de dénombrement des espèces phytoplanctoniques toxiques et de développement de  l’expertise des laboratoires marocains dans le domaine  d’analyse des toxines PSP par la méthode RBA. L’expertise et la maitrise de la technique RBA par les chercheurs de l’INRH et du CNESTEN permettent à nos laboratoires d’être considérés comme une référence à l’échelle régionale.

Mené depuis 2017 au Maroc, le projet a permis d’obtenir des résultats très satisfaisants de corrélation entre la méthode biologique (MBA) et nucléaire (RBA) de détection des biotoxines. Ces résultats font l’objet de publications et communications internationales.

A l’issue, de cette réunion et suite à la bonne progression du projet, l’expertise acquise en matière d’usage de la RBA et l’expertise existante à l’INRH en matière de monitoring des biotoxines et HAB, Mr Benbrahim S., le chef du département de surveillance du milieu marin de l’INRH a suggéré de développer cette méthode pour la détection des toxines émergentes essentiellement les ciguatoxines (CTX). Ces dernières, non existantes auparavant dans les eaux marocaines, suscitent actuellement plus d’intérêt vu l’apparition de certaines espèces de phytoplancton productrices des ciguatoxines dans certaines zones du littoral atlantique marocain et l’identification de telles toxines dans les eaux proches des côtes marocaines (Iles Canaries….). Le contrôle de ces toxines dans les produits de la pêche importés des pays dont les eaux sont connues par l’apparition de ce type de phycotoxines serait une nécessité pour la protection du consommateur. Aussi, l’efflorescence des espèces productrices de cette toxine dans les eaux marocaines peut être causée par l’impact des changements climatiques qui commence à se sentir de plus en plus dans toutes les régions du monde.

Dans un objectif préventif pour la protection du consommateur des produits de la pêche et pour contribuer au développement socioéconomique du secteur de la pêche, l’INRH a proposé l’intégration de cette étude dans le cadre du projet RAF 7014 et de la développer dans un concept plus large de programme national en partenariat avec l’AIEA. Ce programme permettra également d’acquérir l’expertise dans ce domaine et de pouvoir le partager avec les partenaires régionaux.