PISCICULTURE MARINE      

 1. Loup-bar, dorade et maigre

Les géniteurs de poissons marins en élevage en écloserie du Centre spécialisé de l’INRH à M’diq appartiennent essentiellement à trois espèces :

      • Le loup bar (Dicentrarchus labrax) ;
      • La dorade royale (Sparus aurata) ; et
      • Le maigre (Argyrosomus regius).

L’élevage des géniteurs de ces poissons a pour objectif de conditionner leur maturation gonadique pour avoir des pontes en période naturelle de leur reproduction.

Les conditions d’élevage permettent d’intervenir uniquement sur leur alimentation ; la température et la salinité étant sous influence du milieu naturel environnant. L’alimentation fournie est basée sur l’emploi d’aliments frais (petits poissons pélagiques durant toute l’année, enrichis avec des céphalopodes et de crustacées en période de maturation gonadique).

 

L’année 2016 a été considérée comme une année exceptionnelle car elle s’est caractérisée par :

      • Un profil thermique relativement élevé ;
      • Une perturbation du processus physiologique de maturation et de ponte des espèces aquacoles :
        • Dérèglement des pontes chez le loup bar (normalement, ponte de courte durée, se produisant deux fois entre février et mars, sur trois à cinq jours avec un espacement d’un mois environ. En 2016, elle a été séquentielle (journalière) pendant trois mois et demi ;
        • Pas de ponte chez la dorade ;
        • Ponte de mauvaise qualité chez le maigre commun.

2. Sar à tête noir

Le Sar à tête noire Diplodus vulgaris, espèce potentielle à l’aquaculture, est très bien appréciée par les consommateurs à l’échelle locale, régionale et nationale.

En perspective de l’intégrer comme candidat à la diversification spécifique de la pisciculture marine nationale, un essai expérimental préliminaire a été conduit à des fins de faisabilité technique de son élevage en captivité dans les conditions locales.

Les résultats obtenus révèlent une très bonne adaptation des alevins naturels de Sar à tête noire à l’élevage en captivité dans les conditions locales et une bonne acceptation du granulé « type loup bar » par les alevins de cette espèce.

 

 

       CONCHYLICULTURE MARINE      

1. La palourde

Faisant suite à la surexploitation de la palourde et aux efforts déployés pour la préservation de cette espèce, l’INRH en collaboration avec Coastal Culture Systems (CCS) ont élaboré une étude  en vue de maîtriser les techniques d’élevage en écloserie de cette espèce avant d’initier le programme de son repeuplement dans les gisements naturels.

Les principaux résultats de cette première étude ont permis de maitriser le processus d’élevage de la palourde et la détermination du régime et ration alimentaire les plus adéquats par phase du processus d’élevage. 

2. Les moules

2.1 - L’INRH en collaboration avec un opérateur privé (Talhamar) a lancé une étude de faisabilité technique de l’élevage des moules dans la baie de Dakhla, dans la région sud. L’objectif la détermination du processus d’élevage adéquat pour une meilleure performance de la croissance des moules en élevage.

 

Ce premier essai d’élevage des moules sur bouchots a donné des résultats très satisfaisants avec un avantage de la technique des long-lines.

2.2 – L’INRH en collaboration avec la Société Atlantic Moules (SAM) a réalisé un projet de mytiliculture en eaux profondes à Imiouddar (baie d’Agadir), en utilisant le système des soucoupes ballastables.

Cet essai d’élevage mytilicole en eaux profondes sur soucoupes ballastables dans la baie d’Agadir a montré une bonne adaptabilité des structures aux conditions du milieu et a enregistré des bonnes performances zootechniques des moules en élevage en eaux profondes (meilleure qualité de produit).

 

3. Les huitres

3.1 Afin de maîtriser la technique et la performance d’élevage des huîtres creuse Crassosstrea gigas dans la région Sud marocaine, deux études ont été menées sur deux sites différents : baie de Dakhla et baie de Cintra et ont portées sur la comparaison de la performance de croissance selon deux techniques d’élevage différentes (tables ostréicoles et long-lines).


Au niveau du site de Dakhla, les deux structures d’élevage (tables et Long-lines) ont donné des résultats très satisfaisants. En effet, la durée entre la mise en élevage et l’atteinte de la taille commerciale est très courte sur Long-lines (quatre mois) et sur table (neuf mois).

Par contre, au niveau de la baie de Cintra, la vitesse de pousse était très importante pendant les premiers trois mois mais le site d’élevage n’était pas stable et propice (ensablement, forte agitation, turbide, etc.).

 

3.2– Dans le but d’améliorer les performances et la qualité d’élevage ostréicole au niveau de la lagune de Oualidia, une étude de faisabilité zootechnique d’élevage des huîtres creuses en suspension sur poche australiennes a été expérimenté en partenariat avec les Parcs Ostréicoles de Saidi.

La méthode de l’élevage en suspension dans des casiers ou des poches australiennes consiste à mettre les individus dans des poches en plastique soudées par une extrémité et avec un système d’ouverture par l’autre. Elles ont des formes et épaisseurs différentes. Néanmoins, quel que soit la forme, elle permet aux huîtres de bouger au sein de la poche. Les fèces, la vase et toute autres salissures sont éliminées suite aux mouvements de la poche sous l’action des courants.

 

Les résultats obtenus de cette expérience, réalisé pour la première fois au Maroc, sont très satisfaisants (taux de croissance, taux de mortalité, indices de qualités…) en comparaison avec la technique traditionnelle.

 

       ALGOCULTURE MARINE      

1 - Dans l’objectif de comparer les performances biologiques (croissance et production) de G.gracilis en culture entre deux sites : une au niveau lagunaire (lagune de Oualidia) et l’autre en milieu (Estran de Sidi Rahal), une étude de faisabilité phytotechnique de la culture des macroalgues a été réalisé par les équipes de l’INRH en 2016.

Le protocole de culture à Oualidia consistait en l’installations des piquets dans une zone peu profonde de manière à avoir toutes les cordes de culture d’algues à 50cm de la surface à marée basse. Par contre, à Sidi Rahal, six filières (corde de 12mm de diamètre, de 100m de long et équipées de flotteurs tous les 10 m) sont installées perpendiculairement à la côte. Ces filières sont accrochées de part et d’autre aux deux bandes rocheuses par des ancres. Ces filières sont renforcées par l’ajout des contre poids tous les 20m et ce, afin de compenser l’attraction des flotteurs lors de la marée haute. Elles sont également bien étirées de manière à toujours rester à 50 cm de la surface à marée basse. 

Aussi bien à Sidi Rahal qu’à Oulidia, les cordes sont ensemencées par des touffes de la même souche d’algue récoltée au niveau de Sidi Rahal. De même, dans les deux cas, le poids initial des touffes au départ est 100g/touffe et leur longueur est de 25cm.  

Evolution de l’état des touffes de Gracilaria gracilis en culture à Sidi Rahal

Evolution de l’état des touffes de Gracilaria gracilis en culture à Oualidia

Cet essai expérimentale de l’agoculture a demontré une bonne adaptation des techniques de culture (corde entre pieux et filières) aux conditions hydrodynamiques des sites d’études et a enregistré des résultats très satisfaisants (taux de croissance, taux de production…) des macroalgues en cultures en milieu marin (Sidi Rahal) par rapport au milieu lagunaire (Oualidia) avec une importante reproduction des algues (gracilaires et laminaires) et fixation de spores au niveau de sidi Rahal en période printanière (mars –avril).

2 - Dans le cadre d’élaboration et de mise en place d’une collection algale qui sera disponible pour les programmes de nutrition en aquaculture, une étude d’Identification et d’isolement des microalgues d’intérêt conchylicole a été réalisé par les équipes de recherche de l’INRH dans trois sites : Dakhla (zone Sud), Oualidia (zone Centrale) et M’Diq (zone nord).

Les premiers résultats de cette première étude a permis l’identification et isolement de 17 souches de microalgues d’intérêt aquacole et l’obtention des souches les plus importantes pour les programmes de nutrition en écloserie.